De quoi sommes nous sûrs ?

Publié le par THOMAS

--> Extrait du rapport moral de l'assemblée générale de l'année 2005,
--> Rédigé par Franck en janvier 2006.
 
Fin 2004, nous annoncions 2005 comme le début d’une ère nouvelle pour le Tétras Lyre : L’ère de la légèreté. Alors qu’en est il après un an de légèreté ?
Il semblerait, d’abord, que tout le monde apprécie ce fonctionnement et nous pouvons dors et déjà affirmer qu’il n’est pas remis en question pour 2006.
 
Mais cela ne va pas sans poser quelques questions sur notre identité : Cette légèreté signifie t’elle que nous serions devenus une simple structure administrative destinée à couvrir légalement l’activité de quelques uns ?
 
En effet, au début 2005, lorsqu’on me demandait par exemple : « combien êtes vous dans la compagnie ? » ou bien : « où travaillez vous ? »…
Je ne savais pas répondre.
 
La compagnie Le Tétras Lyre a-t-elle encore une existence si on ne peut pas dire qui, quand, comment, et où nous travaillons ?
 
 
 
A la question  « combien ? »
Nous pouvons répondre que nous sommes deux :
  • Un qui marche, conte et ne demande rien,
  • Un qui est là à Charleville dans une activité plus traditionnelle.
Nous formons autour de nos pratiques respectives et communes…l’essence du Tétras Lyre.
 
Mais ce n’est qu’une réponse partielle. Nous sommes entourés d’un groupe de collaborateurs (nous n’avons plus embauché de « cachtonneur » depuis très longtemps), artistes, membres du CA, sympathisants, plus ou moins réguliers…qui, bien sûr apportent tous leur pierre à l’édifice.
Le Tétras lyre est fait de tous ces gens…. plus ou moins présents…indépendants.
 
A la question « où ? »
Nous ne pouvons répondre que : « ça dépend… »…impossible d’être plus précis !
Pareil pour les questions « quand et comment ? »
 
Mais alors de quoi sommes nous sûrs ?
 
Nous savons que nous aimons la légèreté et la liberté qu’elle procure.
Nous le savions depuis longtemps, mais nous l’éprouvons enfin, vraiment, depuis cette année.
La légèreté qui n’était qu’une intuition fin 2004, s’est confirmée, en 2005 comme un pan essentiel de notre identité.
Légèreté de pensée (la légèreté n’empêche pas la profondeur…nous espérons même qu’elle nous y mènera), légèreté des formes artistiques (petits spectacles, contes, petits concerts….bien entendu cela n’empêche pas la rigueur),
Légèreté financière (peu de recettes mais peu de dépenses), légèreté de structure.
 
Une autre facette de notre identité tient sans doute dans notre idée du rapport au public.
Justement parce que le public ce n’est pas le public mais simplement les autres, c'est-à-dire simplement tous ceux avec qui on est amené à échanger que l’on soit artiste ou non.
C’est pourquoi nous aimons, autant que possible, rencontrer les autres d’homme à homme.
Notre pratique artistique n’a pas d’intérêt pour nous, si elle n’est pas d’abord un moyen de communication, de rencontre.
 
Enfin dernier point important de ce jeu du « qui sommes nous ?» : La nature et, par extension, l’écologie.
La nature est une valeur fondamentale du champ d’idées que nous cultivons. Nous pensons que dans ses fonctionnements, la nature est le modèle principal que l’humanité devrait suivre. Notamment en matière d’économie.
 
Les plus formidables « économistes » de la planète sont dans la nature : Il suffit d’observer le fonctionnement énergétique de n’importe quel écosystème complexe et équilibré, pour prendre, bien plus qu’un cours d’écologie : Un magistral cours d’économie ! (On comprend alors à quel point les économistes du libéralisme occidental sont, quant à eux, dans les choux…c’est aussi la nature)
 
La nature est économe en énergie. Nous le sommes devenu cette année : Plus de perte d’énergie dans la recherche plus ou moins vaine d’argent pour réaliser nos projets, nos idées de grandeur. Petit budget, petit projet : voilà le fonctionnement qui nous convient.
La nature ne gaspille rien et sait se montrer opportuniste. Nous faisons comme elle : si un budget conséquent se présente sans que nous l’aillions cherché (Mais si, ça arrive !), nous en tirerons parti mais dans le cadre de notre identité. Soit en montant plusieurs spectacles légers, soit en en montant un seul mais en assurant beaucoup de représentations à moindre coût. Le passé nous a amplement montré que les gros projets, si ils ne baignent pas dans le terreau sur vitaminé des grosses institutions culturelles, sont très fragiles. Ils sont voués à ne mort rapide ou au mieux condamnés à végéter ( ce qui à terme revient au même)
 
Notre terreau à nous n’est fait que du composte que nous sommes capables de produire. Un terreau pauvre sans doute, mais extrêmement sain, sans aditifs, malheureusement, il n’est pas encore très constant. Cette année, et ce sera sans doute encore le cas l’année prochaine, nous pansons les plaies d’un sol appauvrit par notre dernière tentative de culture subsidiée, intensive et extensive : « l’acrospire volant » (qui végète). La métaphore ne concerne pas que l’aspect financier des choses, elle concerne la dynamique générale de la compagnie. Mais nous pouvons prévoir que notre terreau va s’enrichir jusqu'à atteindre un point d’équilibre que nous nous garderons bien de dépasser.
 
Donc pour conclure,
 
Après un an de « bio », notre sol n’est pas totalement reconstitué… mais cela viendra…
Pour l’heure nous avons modestement cultivé quelques belles fleurs et un potager assez honorable. Suffisant en tout cas.
Jérôme a même réussi (avec la tournée organisée en Mayenne en août) un très beau parterre, entièrement nourrit à la bonne volonté et l’envie d’échanger. Pas d’engrais chimiques bien entendu, et quasiment pas de composte
Enfin le deuxième semestre à vu poindre le nez de jeunes pousses très prometteuses qui s’épanouirons en 2006 et qui, nous l’espérons seront riches en rejets, marcottages et autres repousses.

Tranquille, écologique, économique, la culture continue.

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