2005 : L'ère de la légereté

Publié le par THOMAS

--> Extrait du rapport moral de l'assemblée générale 2004
--> Rédigé par Franck en janvier 2005
 
Depuis sa création en 1998, le Tétras Lyre a constamment cherché à se donner les moyens humains, financiers, techniques de son développement et de son ouverture. Notamment depuis 2001 avec l’arrivée de Jérôme Thomas.
Aujourd’hui, il s’avère que ce développement implique en fait un alourdissement de la structure qui génère beaucoup de contraintes peu productives et du même coup entrave notre liberté.
Est-il nécessaire de rappeler à quel point la liberté est une valeur qui nous est chère ? C’est pourquoi nous avons décidé cette année que, pour le bonheur de tous, Jérôme reprendrait la route sur laquelle il était avant d’arriver, et qu’il ne serait pas remplacé.
S’il quitte son poste actuel devenu inutile et trop cher, Jérôme ne quitte pas le Tétras Lyre pour autant. Il en devient un électron libre. Il sera possible d’avoir de ses nouvelles sur notre site (http://tetraslyre.fr.st) où une rubrique (mise à jour le plus souvent possible) sera consacrée à ses pérégrinations, vous y trouverez : des photos (peut-être) des poèmes (peut-être) des aventures (peut-être).
Peut-être.
Car quand on est aussi léger qu’il le sera en 2005, on a le temps.
 
Comme Jérôme, le Tétras Lyre s’allège au maximum. La structure administrative se réduit à sa plus simple expression, un allègement qui découle directement du choix annoncé déjà depuis deux ans de se diriger vers des formes artistiques légères, peu coûteuses et mobiles. Il ne s’agit donc pas d’un pis allé mais bien de l’aboutissement prévisible d’une réflexion menée depuis longtemps.
 
Si le Tétras Lyre s’allège, il n’en conserve pas moins, pour des raisons pratiques, les locaux du 226 rue W.Rousseau qu’il partage avec Passerelle Théâtre.
Cependant, malgré le choix qui en avait été fait à la création de la compagnie, rien ne retient aujourd’hui le siège social à Revin. Aussi, a-t-il été déplacé à Charleville pour des raisons pratiques.
 
Mais avant ces modifications qui datent du 4ème trimestre 2004, l’année du Tétras Lyre a été principalement consacrée à la création de l’Acrospire Volant.
Si l’écriture et la composition de ce spectacle musical étaient achevées en 2003, le spectacle n’a vu le jour que cette année.
Non pas que nous ayons « traîné » pour le produire, mais fort de nos expériences précédentes (sur Rêve de Poule notamment), nous nous sommes entourés de toutes les garanties en terme de production et en particulier de promotion. Malgré nos efforts, force est de constater qu’il y a dans les Ardennes (puisque c’est ce que nous connaissons) un énorme problème de communication ou d’organisation entre les artistes locaux et les diffuseurs de spectacles. En effet, malgré quatre représentations de promotion (aux frais de la compagnie) et une très grosse campagne d’information et de communication (on compte par centaine les invitations lancées aux diffuseurs) nous n’avons réussi à déplacer que 2 ou 3 professionnels.
Alors, le doute pourrait s’installer : peut-être est-il mauvais ce spectacle ?
C’est évidemment la première pensée qui vient à l’esprit de n’importe quel artiste un peu honnête.
Une chose est sûre, il ne peut pas plaire à tout le monde : le jazz que nous y jouons peut déranger, le texte peut rester hermétique pour certains…
Et tant mieux : J’aime croire et je suis heureux de constater que la sensibilité à l’art reste une donnée complètement personnelle, individuelle, non uniformisée, non mondialisée. Une autre chose est certaine, c’est que l’Acrospire Volant rencontre un large public, pas encore en nombre (j’espère que cela viendra), mais en qualité. Les cinq représentations en 2004 ont toutes été des succès, les retours du public et de la presse locale et spécialisée ont été excellents. Manifestement, l’Acrospire Volant touche tout le monde, de l’amateur de jazz averti au néophyte curieux... Tout le monde, sauf ceux qui pourraient nous aider à le faire entendre, à le faire vivre, et donc à vivre.
 
Pendant les trois ans de la présence de Jérôme dans l’association, Le Tétras Lyre n’a eu de cesse de chercher à collaborer avec les diffuseurs locaux, le plus souvent en vain. Parfois, nous avons réussi à mettre en place une collaboration ponctuelle, un fil ténu, insuffisant à tisser ensemble la toile vitale dans une région : le tissu culturel local.
Ici, la création artistique peine à s’ancrer. Nous ne voyons chez nous de la production locale que quelques représentation éparses sans suivi. Notre « tissus local », s’il en est un, est un tissu d’importations en provenance de la région (presque exclusivement de la Marne) ou d’encore plus loin.
Soyons clairs cependant, le Tétras Lyre ne déplore pas que des spectacles venus de l’extérieur soient programmés ici, bien au contraire. Ces spectacles sont souvent de bonne qualité et représentent pour la vie culturelle locale un apport important et nécessaire. Ce que nous déplorons ; c’est qu’il semblerait qu’une fois de plus, l’herbe soit plus verte dans le près voisin et que personne ne jette un regard aux fleurs de notre près.
 
Néanmoins, insistons sur le fait que ce rapport moral n’est pas un pamphlet visant simplement les programmateurs locaux. Nous sommes conscients du fait qu’ils ne sont pas seuls décisionnaires en matière de politique culturelle locale. En effet, il s’agit bien là de la question de la politique culturelle locale posée en ces termes : Est-il préférable de gérer l’achat et de consommer des spectacles ayant déjà fait leurs preuves ailleurs ou bien sinon de stimuler, au moins de soutenir et de mettre en valeur une dynamique de création locale ? Nous aurions quant à nous tendance à penser qu’il faut faire les deux car l’un sans l’autre est mortifère : l’un menant à la consommation pure et simple, et l’autre à un enfermement sclérosant.
 
C’est indéniable, il serait malhonnête de prétendre le contraire, nous avons déjà rencontrés du soutien mais il s’est toujours avéré insuffisant parce que venu d’initiatives isolées, non soutenues par une véritable politique globale. Nous en sommes d’autant plus reconnaissant à ceux qui s’y sont lancés.
 
 
En 2005, Le Tétras Lyre sera léger et tranquille. Serait-ce ça la sagesse ?

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