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--> Extrait de Bouches à Oreilles du printemps 2006 (programmation culturelle des crètes pré-ardennaises).

 

Fondée en 1998 par deux ardennais. Loin des villes ou le théâtre prend d'ordinaire ses quartiers... La compagnie le Tétras Lyre est intimement liée à la Nature. Les textes des spectacles sont écrits et répétés en forêt. Et bien entendu, on n'invente pas les mêmes choses au coeur d'une grande forêt ou dans une grande ville...

Le Tétras Lyre est un oiseau qui ne peut vivre que dans des espaces naturels très sauvages. C'est dans ces espaces de neige, de grands vents et de soleil radieux que nous cherchons à entrainer le public.

Simplement, en parlant les yeux dans les yeux...

--> Extrait du rapport moral de l'assemblée générale de l'année 2005,
--> Rédigé par Franck en janvier 2006.
 
Fin 2004, nous annoncions 2005 comme le début d’une ère nouvelle pour le Tétras Lyre : L’ère de la légèreté. Alors qu’en est il après un an de légèreté ?
Il semblerait, d’abord, que tout le monde apprécie ce fonctionnement et nous pouvons dors et déjà affirmer qu’il n’est pas remis en question pour 2006.
 
Mais cela ne va pas sans poser quelques questions sur notre identité : Cette légèreté signifie t’elle que nous serions devenus une simple structure administrative destinée à couvrir légalement l’activité de quelques uns ?
 
En effet, au début 2005, lorsqu’on me demandait par exemple : « combien êtes vous dans la compagnie ? » ou bien : « où travaillez vous ? »…
Je ne savais pas répondre.
 
La compagnie Le Tétras Lyre a-t-elle encore une existence si on ne peut pas dire qui, quand, comment, et où nous travaillons ?
 
 
 
A la question  « combien ? »
Nous pouvons répondre que nous sommes deux :
  • Un qui marche, conte et ne demande rien,
  • Un qui est là à Charleville dans une activité plus traditionnelle.
Nous formons autour de nos pratiques respectives et communes…l’essence du Tétras Lyre.
 
Mais ce n’est qu’une réponse partielle. Nous sommes entourés d’un groupe de collaborateurs (nous n’avons plus embauché de « cachtonneur » depuis très longtemps), artistes, membres du CA, sympathisants, plus ou moins réguliers…qui, bien sûr apportent tous leur pierre à l’édifice.
Le Tétras lyre est fait de tous ces gens…. plus ou moins présents…indépendants.
 
A la question « où ? »
Nous ne pouvons répondre que : « ça dépend… »…impossible d’être plus précis !
Pareil pour les questions « quand et comment ? »
 
Mais alors de quoi sommes nous sûrs ?
 
Nous savons que nous aimons la légèreté et la liberté qu’elle procure.
Nous le savions depuis longtemps, mais nous l’éprouvons enfin, vraiment, depuis cette année.
La légèreté qui n’était qu’une intuition fin 2004, s’est confirmée, en 2005 comme un pan essentiel de notre identité.
Légèreté de pensée (la légèreté n’empêche pas la profondeur…nous espérons même qu’elle nous y mènera), légèreté des formes artistiques (petits spectacles, contes, petits concerts….bien entendu cela n’empêche pas la rigueur),
Légèreté financière (peu de recettes mais peu de dépenses), légèreté de structure.
 
Une autre facette de notre identité tient sans doute dans notre idée du rapport au public.
Justement parce que le public ce n’est pas le public mais simplement les autres, c'est-à-dire simplement tous ceux avec qui on est amené à échanger que l’on soit artiste ou non.
C’est pourquoi nous aimons, autant que possible, rencontrer les autres d’homme à homme.
Notre pratique artistique n’a pas d’intérêt pour nous, si elle n’est pas d’abord un moyen de communication, de rencontre.
 
Enfin dernier point important de ce jeu du « qui sommes nous ?» : La nature et, par extension, l’écologie.
La nature est une valeur fondamentale du champ d’idées que nous cultivons. Nous pensons que dans ses fonctionnements, la nature est le modèle principal que l’humanité devrait suivre. Notamment en matière d’économie.
 
Les plus formidables « économistes » de la planète sont dans la nature : Il suffit d’observer le fonctionnement énergétique de n’importe quel écosystème complexe et équilibré, pour prendre, bien plus qu’un cours d’écologie : Un magistral cours d’économie ! (On comprend alors à quel point les économistes du libéralisme occidental sont, quant à eux, dans les choux…c’est aussi la nature)
 
La nature est économe en énergie. Nous le sommes devenu cette année : Plus de perte d’énergie dans la recherche plus ou moins vaine d’argent pour réaliser nos projets, nos idées de grandeur. Petit budget, petit projet : voilà le fonctionnement qui nous convient.
La nature ne gaspille rien et sait se montrer opportuniste. Nous faisons comme elle : si un budget conséquent se présente sans que nous l’aillions cherché (Mais si, ça arrive !), nous en tirerons parti mais dans le cadre de notre identité. Soit en montant plusieurs spectacles légers, soit en en montant un seul mais en assurant beaucoup de représentations à moindre coût. Le passé nous a amplement montré que les gros projets, si ils ne baignent pas dans le terreau sur vitaminé des grosses institutions culturelles, sont très fragiles. Ils sont voués à ne mort rapide ou au mieux condamnés à végéter ( ce qui à terme revient au même)
 
Notre terreau à nous n’est fait que du composte que nous sommes capables de produire. Un terreau pauvre sans doute, mais extrêmement sain, sans aditifs, malheureusement, il n’est pas encore très constant. Cette année, et ce sera sans doute encore le cas l’année prochaine, nous pansons les plaies d’un sol appauvrit par notre dernière tentative de culture subsidiée, intensive et extensive : « l’acrospire volant » (qui végète). La métaphore ne concerne pas que l’aspect financier des choses, elle concerne la dynamique générale de la compagnie. Mais nous pouvons prévoir que notre terreau va s’enrichir jusqu'à atteindre un point d’équilibre que nous nous garderons bien de dépasser.
 
Donc pour conclure,
 
Après un an de « bio », notre sol n’est pas totalement reconstitué… mais cela viendra…
Pour l’heure nous avons modestement cultivé quelques belles fleurs et un potager assez honorable. Suffisant en tout cas.
Jérôme a même réussi (avec la tournée organisée en Mayenne en août) un très beau parterre, entièrement nourrit à la bonne volonté et l’envie d’échanger. Pas d’engrais chimiques bien entendu, et quasiment pas de composte
Enfin le deuxième semestre à vu poindre le nez de jeunes pousses très prometteuses qui s’épanouirons en 2006 et qui, nous l’espérons seront riches en rejets, marcottages et autres repousses.

Tranquille, écologique, économique, la culture continue.

--> Extrait du rapport moral de l'assemblée générale 2004
--> Rédigé par Franck en janvier 2005
 
Depuis sa création en 1998, le Tétras Lyre a constamment cherché à se donner les moyens humains, financiers, techniques de son développement et de son ouverture. Notamment depuis 2001 avec l’arrivée de Jérôme Thomas.
Aujourd’hui, il s’avère que ce développement implique en fait un alourdissement de la structure qui génère beaucoup de contraintes peu productives et du même coup entrave notre liberté.
Est-il nécessaire de rappeler à quel point la liberté est une valeur qui nous est chère ? C’est pourquoi nous avons décidé cette année que, pour le bonheur de tous, Jérôme reprendrait la route sur laquelle il était avant d’arriver, et qu’il ne serait pas remplacé.
S’il quitte son poste actuel devenu inutile et trop cher, Jérôme ne quitte pas le Tétras Lyre pour autant. Il en devient un électron libre. Il sera possible d’avoir de ses nouvelles sur notre site (http://tetraslyre.fr.st) où une rubrique (mise à jour le plus souvent possible) sera consacrée à ses pérégrinations, vous y trouverez : des photos (peut-être) des poèmes (peut-être) des aventures (peut-être).
Peut-être.
Car quand on est aussi léger qu’il le sera en 2005, on a le temps.
 
Comme Jérôme, le Tétras Lyre s’allège au maximum. La structure administrative se réduit à sa plus simple expression, un allègement qui découle directement du choix annoncé déjà depuis deux ans de se diriger vers des formes artistiques légères, peu coûteuses et mobiles. Il ne s’agit donc pas d’un pis allé mais bien de l’aboutissement prévisible d’une réflexion menée depuis longtemps.
 
Si le Tétras Lyre s’allège, il n’en conserve pas moins, pour des raisons pratiques, les locaux du 226 rue W.Rousseau qu’il partage avec Passerelle Théâtre.
Cependant, malgré le choix qui en avait été fait à la création de la compagnie, rien ne retient aujourd’hui le siège social à Revin. Aussi, a-t-il été déplacé à Charleville pour des raisons pratiques.
 
Mais avant ces modifications qui datent du 4ème trimestre 2004, l’année du Tétras Lyre a été principalement consacrée à la création de l’Acrospire Volant.
Si l’écriture et la composition de ce spectacle musical étaient achevées en 2003, le spectacle n’a vu le jour que cette année.
Non pas que nous ayons « traîné » pour le produire, mais fort de nos expériences précédentes (sur Rêve de Poule notamment), nous nous sommes entourés de toutes les garanties en terme de production et en particulier de promotion. Malgré nos efforts, force est de constater qu’il y a dans les Ardennes (puisque c’est ce que nous connaissons) un énorme problème de communication ou d’organisation entre les artistes locaux et les diffuseurs de spectacles. En effet, malgré quatre représentations de promotion (aux frais de la compagnie) et une très grosse campagne d’information et de communication (on compte par centaine les invitations lancées aux diffuseurs) nous n’avons réussi à déplacer que 2 ou 3 professionnels.
Alors, le doute pourrait s’installer : peut-être est-il mauvais ce spectacle ?
C’est évidemment la première pensée qui vient à l’esprit de n’importe quel artiste un peu honnête.
Une chose est sûre, il ne peut pas plaire à tout le monde : le jazz que nous y jouons peut déranger, le texte peut rester hermétique pour certains…
Et tant mieux : J’aime croire et je suis heureux de constater que la sensibilité à l’art reste une donnée complètement personnelle, individuelle, non uniformisée, non mondialisée. Une autre chose est certaine, c’est que l’Acrospire Volant rencontre un large public, pas encore en nombre (j’espère que cela viendra), mais en qualité. Les cinq représentations en 2004 ont toutes été des succès, les retours du public et de la presse locale et spécialisée ont été excellents. Manifestement, l’Acrospire Volant touche tout le monde, de l’amateur de jazz averti au néophyte curieux... Tout le monde, sauf ceux qui pourraient nous aider à le faire entendre, à le faire vivre, et donc à vivre.
 
Pendant les trois ans de la présence de Jérôme dans l’association, Le Tétras Lyre n’a eu de cesse de chercher à collaborer avec les diffuseurs locaux, le plus souvent en vain. Parfois, nous avons réussi à mettre en place une collaboration ponctuelle, un fil ténu, insuffisant à tisser ensemble la toile vitale dans une région : le tissu culturel local.
Ici, la création artistique peine à s’ancrer. Nous ne voyons chez nous de la production locale que quelques représentation éparses sans suivi. Notre « tissus local », s’il en est un, est un tissu d’importations en provenance de la région (presque exclusivement de la Marne) ou d’encore plus loin.
Soyons clairs cependant, le Tétras Lyre ne déplore pas que des spectacles venus de l’extérieur soient programmés ici, bien au contraire. Ces spectacles sont souvent de bonne qualité et représentent pour la vie culturelle locale un apport important et nécessaire. Ce que nous déplorons ; c’est qu’il semblerait qu’une fois de plus, l’herbe soit plus verte dans le près voisin et que personne ne jette un regard aux fleurs de notre près.
 
Néanmoins, insistons sur le fait que ce rapport moral n’est pas un pamphlet visant simplement les programmateurs locaux. Nous sommes conscients du fait qu’ils ne sont pas seuls décisionnaires en matière de politique culturelle locale. En effet, il s’agit bien là de la question de la politique culturelle locale posée en ces termes : Est-il préférable de gérer l’achat et de consommer des spectacles ayant déjà fait leurs preuves ailleurs ou bien sinon de stimuler, au moins de soutenir et de mettre en valeur une dynamique de création locale ? Nous aurions quant à nous tendance à penser qu’il faut faire les deux car l’un sans l’autre est mortifère : l’un menant à la consommation pure et simple, et l’autre à un enfermement sclérosant.
 
C’est indéniable, il serait malhonnête de prétendre le contraire, nous avons déjà rencontrés du soutien mais il s’est toujours avéré insuffisant parce que venu d’initiatives isolées, non soutenues par une véritable politique globale. Nous en sommes d’autant plus reconnaissant à ceux qui s’y sont lancés.
 
 
En 2005, Le Tétras Lyre sera léger et tranquille. Serait-ce ça la sagesse ?
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